le grand tour de la bresse

Un magnifique parcours qui suit à peu de choses près les contours d'une des communes les plus étendues de la région.

Point de départ : La tourbière du Lispach

Difficulté : Randonnée de 2 jours sur des sentiers parfaitement balisés. La seconde journée est physique car la distance et le dénivelé sont conséquents.

Distance : 40 kms
Dénivelé : 1 500 m.
Carte : IGN 3618 OT

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Période conseillée : Au coeur de l'automne lorsque les inversions de température permettent de profiter des derniers rayons du soleil alors que la grisaille envahit déjà le fond des vallées...

Le but de cette randonnée est de faire un tour presque complet des limites de la commune de la Bresse. En effet cette petite ville de montagne s’étend sur plus de 5 000 hectares de 600 mètres d'altitude à plus de 1 300 mètres. Le sentier débute devant la splendide tourbière du Lispach apparue juste après la dernière glaciation, il y a plus de 10 000 ans. En cherchant un peu, on y trouve des espèces végétales et animales exclusives de ces milieux comme le droséra qui se nourrit d’insectes qui viennent s’engluer sur cette plante qui trouve ainsi les compléments d’azote nécessaire à sa survie.

La tourbière du Lispach

A quelques centaines de mètres du départ, on fait un petit crochet vers une ancienne mine de cuivre, datant du XVI e siècle, taillée au burin dans un granit très dur. Le sentier grimpe ensuite sur la crête en passant devant le bien nommé Collet de la Mine.

Peu de temps après nous arrivons à la Tête du Grouvelin où la vue permet d’observer une bonne partie de la crête des Vosges du sud, du Hohneck au Ballon d’Alsace. Le sentier passe ensuite devant la ferme du Grouvelin, dont le nom proviendrait du mot « gravière » car comme le terrain est relativement plat l’érosion à laissé en place beaucoup de dépôts de gravillons. Le sentier continue sur la crête pour déboucher au Col de Grosse Pierre autour duquel subsistent encore de nombreuses petites carrières de granit porphyre de teinte gris bleu. Peu après le col, une raide montée nous amène au Moutier (Mottei = église) des Fées où paraît il les fées venaient danser jadis…avant que les motos et les quads ne fassent leur apparition dans le secteur !

Le sentier continue de suivre la crête pour arriver en vue de la Basse des Feignes, une « basse » désigne un lieu encaissé à l’extrémité supérieure d’une vallée. Ensuite notre sentier rentre dans la forêt afin de contourner le « Couchetat du Haut », encore quelques efforts et nous arrivons sur les hauts de Presles où de splendides fermes vosgiennes tournées vers le sud ouest absorbent les derniers rayons de soleil de cette fin d’été. De là il n’y a plus qu’à se laisser descendre, par les prés jusqu’aux gîtes de l’association Vosges en Marche.

Du gîte, le sentier monte gentiment au col de la Croix des Moinats où se trouve un monument en mémoire des « goums » marocains qui ont participé à la libération de la région en 1944 et dont plus des deux tiers périrent dans ces combats. Après le col, nous prenons un sentier qui descend rapidement rejoindre la vallée de la Moselotte, nous traversons la route de la Bresse à Cornimont et nous rattrapons assez vite le GR 533.

Ensuite le sentier, en balcon, mais rive gauche de la vallée aujourd’hui, nous amène au paisible col du Brabant où une minuscule chapelle borde le chemin. Jadis, les habitants de la Bresse et d’ailleurs montaient en pèlerinage à cette chapelle où la coutume voulait que lorsqu’il y avait un malade dans la famille, il fallait allumer trois cierges : un pour St Vit, un pour St Languit et un pour St Mort, la première chandelle qui s’éteignait donnait une idée du sort réservé au malade…

Le sentier monte ensuite progressivement jusqu’au collet Mansuy qui domine le lac des Corbeaux, deux cents mètres plus bas. Ensuite nous passons devant la Croix Louis qui rappelle la mort accidentelle d’un bûcheron en ces lieux, puis arrive au col de la Vierge où un bûcheron qui échappa de justesse à la foudre jura que s’il s’en sortait vivant il vénérerait la Vierge. De là un sentier assez raide grimpe vers une magnifique clairière au lieu dit la « Vieille Montagne » qui désigne une forêt de vieux bois, où était fabriqué le charbon de bois qui servait ensuite dans les fonderies et autres verreries de la région.

Un petit sentier sinueux au milieu d’une superbe hêtraie sapinière nous amène au Col de Brâmont dont le nom évoque évidemment un lieu de brame. Un sentier tout aussi joli mais en montée celui là part de l’autre côté de la route et grimpe vers la Ronde Tête dont les flancs abruptes dominent la vallée de la Thur qui coule vers le sud et rejoint la plaine d’Alsace toute proche. Nous sommes déjà au petit abris de bois qui marque le Col de l’Etang, le détour vers la superbe mais protégée tourbière du Machey est bien tentant mais il faut se concentrer sur la dernière difficulté de ce long parcours que constitue l’ascension, le mot n’est pas trop fort, du Rainkopf qui du haut de ses 1300 mètres nous domine encore de près de 300 mètres.

Le long de cette grimpette, on peut constater presque mètre après mètre la variation des essences d’arbres, la hêtraie sapinières laisse vite la place aux épicéas et puis ne subsistent que des hêtres de plus en plus petits et torturés au fur et à mesure qu’on arrive près du sommet. La vie n’est pas facile sur les Hauts, même pour les arbres…

Du haut du Rainkopf la vue porte très loin vers la plaine alsacienne, la Forêt Noire et même jusqu’aux Alpes bernoises par temps très clair. C’est la récompense d’une randonnée de deux jours qui nous ont permis de couvrir près de 40 kilomètres avec un dénivelé de plus de 1500 mètres et tout cela en ne quittant pratiquement pas les limites de la commune de la Bresse.

Photographies Bernard Simon
Un grand merci à toute l'équipe de Vosges en Marche pour leur accueil ainsi qu'à Jean Pierre Savoye pour ses informations sur l'étimologie des lieux dits du canton de La Bresse-le Hohneck.

 

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Thierry Jeandel - Accompagnateur Montagne